27.10.2007

CAFÉMANCIE

De tout temps, on a cherché à prédire ce que l’avenir pourrait bien nous réserver, soit pour nous en prémunir, soit afin de pouvoir en tirer le maximum. Jadis, pour ce faire, augures, devins ou prophètes avaient recours à diverses techniques, allant de l’examen des entrailles d’animaux ou de personnes sacrifiées, des éclairs et du tonnerre ou du vol des oiseaux. Puis les choses se sont perfectionnées alors que prédictions et présages se fondaient sur des arts comme ceux de l’astrologie, de la numérologie, de la cartomancie, de la géomancie ou de la chiromancie, pour ne nommer que ceux‑là. Plus récemment, nombreux sont ceux qui ont été davantage attirés par la possibilité de lire ou se faire lire leur avenir dans le marc de café. Il s’agit d’une méthode simple qui permet un très large éventail d’interprétations, ce qui a l’heur de plaire à bien des gens et donne la possibilité au lecteur de faire preuve d’une grande verve. Cependant, pourquoi attendre d’avoir bu son café pour tenter d’y lire ce que sera sa journée ? Moi, je ne fais que regarder ce qu’on me sert pour savoir ce qui m’attend. Par exemple, aujourd’hui, ce pourrait être difficile…

 

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23.10.2007

Saint-Malo par le trou de la serrure

Saint-Malo, ce n’est pas un trou, loin de là, et les orifices pratiqués en maints endroits de la muraille qui l’entoure permettent d’avoir une grande ouverture sur le monde alentour.

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Cette dernière photo servira d’enchaînement pour celles qui suivront et qui porteront sur les différents panneaux, affiches, panonceaux et enseignes (les p.a.p.e.s pour les intimes) qui ont été aperçus au fil de promenades et qui, surtout, ont éveillé une certaine curiosité.

22.10.2007

Saint-Malo en douze photos

Saint‑Malo, ce n’est pas seulement des remparts ; c’est aussi des palmiers ! Oui, oui, oui, oui, oui, des palmiers, et si vous ne me croyez pas, et bien voyez plutôt par vous‑même…

 

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Des remparts au port, il n’y a qu’un porc. Euh !, je veux dire, un cochon. Euh !, une rue !

 

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Quatre chats ? Non ! Trois chats ? Non ! Deux chats ? Non ! Un chat ? Oui ! Ramina…

 

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Gros bêta, qui risque de tomber bien bas, croyant voir passer en courant une souris verte.

 

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À quoi trouvez‑vous qu’il ressemble ce « minaret » à fleur de lys, bien droit et rigidifié ?

 

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De l’eau ici, de l’eau là. Oh my Lola, L-o-l-a Lola, Lo-lo-lo-lo-Lola, Lo-lo-lo-lo-Lola…

 

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Les pieds dans le sable blanc ? Non ! Plutôt couleur sable je dirais – je regardais la plage.

 

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La plage que me montrait le gros Robert, l’ogre du Bengale, le tigre des mers : Surcouf !

 

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D’où il tirait encore à boulets rouges sur tous les navires ennemis remplis de touristes…

 

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Pourtant, des touristes, en octobre, il y en avait pas mal moins qu’en juillet il me semble.

 

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Et il faut les comprendre quand on sait qu’octobre, c’est la saison de la mouette géante !

 

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J’en ai encore beaucoup à raconter, surtout sur les gens, tous charmants, et je reviendrai !

 

14.10.2007

Aussi bien en finir avec Boston

Puisqu’il me reste encore une petite heure avant de partir pour l’aéroport, que ma (notez bien ici le singulier) petite (notez bien ici le qualificatif) valise est prête et que sont chose du passé mes ablutions, je me suis dit qu’il valait aussi bien en finir avec Boston avant de m’engager sur la route de Saint‑Malo, celle de Compostelle étant par trop encombrée ces jours‑ci. Voici donc quelques notes que j’ai prises en septembre au pays des fèves, ô lard.

* * *

Avec mon appareil numérique japonais, je prends des photos comme si l’avais moi‑même fabriqué. (La comprenez‑vous ? Si ce n’est pas le cas, vous êtes mieux de mettre un terme à votre lecture dès maintenant, car il y en aura d’autres comme ça, et même des pires !) Je poursuis… Je prends donc des dizaines de photos et cela me ramène à mon enfance, alors que je collectionnais les cartes de hockey. (Si vous me suivez toujours, vous êtes fort, très fort !) Le plaisir de collectionner consistait à ouvrir les paquets de cartes O‑Pee‑Chee tout doucement, les uns après les autres, dans l’espoir de mettre la main sur un Jean Béliveau, sur un Charlie Hodge, ou encore sur un checklist. Donc, en prenant ces photos, je me suis dit que, peut‑être, il y en aurait une ou deux qui sortiraient du tas. Ce ne fût pas le cas…

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* * *

Boston, c’est un peu comme Québec. Par exemple, il y a le vieux Boston. Pas tout à fait aussi vieux que le Vieux‑Québec, mais dans un cas comme dans l’autre, les pavés sont bien présents. Évidemment, à Boston, ils les ont mis sur les trottoirs parce que, dans les rues, cela entravait la circulation. En outre, comme à l’intérieur des murs de la ville de Québec, j’entendais des personnes parler français, mais un bien plus grand nombre parler anglais. Bien sûr, il y a certaines différences. Par exemple, le plus haut édifice de Québec aurait certainement, quant à sa taille, des complexes de taille dans le paysage bostonnais.

* * *

Au musée des beaux‑arts de Boston, j’ai vu une statue de Saint Malo, faite à Saint‑Malo. Il avait l’air d’un enfant de treize ans mais était né au treizième siècle. Il faut que je vois maintenant ce à quoi goûte le gâteau de Boston à la crème patissière fait par un Malouin.

 

12.10.2007

Le tour de Boston en 80 heures

Depuis le début de ma nouvelle vie de célibataire, je m’étais bien promis de voyager, ce à quoi j’avais toujours rêvé mais que je n’avais jamais vraiment pu réaliser. J’étais bien allé en Europe quelques fois; et en Grande‑Bretagne aussi (malgré ce qui m’avait été enseigné à l’école, un Britannique ne se considère pas comme un Européen, n’étant pas rattaché au continent); puis au Mexique, comme tout le monde; les États‑Unis également – les côtes : Est, Ouest et Sud (pas de côte Nord, dans ce pays, et ce doit être la raison pour laquelle, à une époque pas très lointaine, les Américains se sont appropriés celle du Québec), ainsi que le Centre; et, pour être franc, j’ai sillonné le Canada en tous sens et j’ai habité dans toutes ses grandes régions, MAIS ! Mais cela m’avait pris une vie. La véritable nouveauté du projet maintenant caressé allait consister à faire les cultures s’entrechoquer avant qu’il ne se soient trop de mois écoulés. Et comme je me l’étais promis, c’est maintenant parti !

Cet été, juste pour me pratiquer, je suis allé faire une virée au Québec (je demeure sur la côte Ouest) en plus de passer quelques jours dans la province voisine de la mienne. C’est cet automne que tout a commencé, et en septembre, à Boston je suis débarqué en premier.

BOSTON

Si seulement mes parents m’avaient baptisé Gérard Pierre Simon. Je sais que cela fait un peu ancien, mais « initialement » parlant… Je n’ai aucun sens de l’orientation ! Le guide me dit que le monument commémoratif de Robert Gould Shaw ne mérite rien de moins que trois étoiles, ne serait‑ce que du fait qu’Augustus Saint‑Gaudens a mis quatorze ans pour concevoir et produire le relief de bronze. Cette sculpture se trouve dans un des cinq coins du parc communal de Boston. Je me trouve dans ce même parc, et qui plus est, je me trouve dans un de ses coins. Bien sûr, ce n’est pas le bon, mais cela signifie que j’en aurai un de moins à explorer. Sans compter que la chance me sourit. Dans le coin où je me trouve, il y a un plan, et sur le plan, « on » me dit que je suis ICI. Je compare le plan du parc à celui de mon guide, fait les extrapolations voulues, calcule le carré de Méduse et me dirige ensuite allégrement dans la direction indiquée. Je trouve la sculpture, quatre coins plus tard… Non, je ne me nomme pas Gérard etc., mais voici néanmoins le bronze.

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J’ai d’autres petites histoires à raconter sur Boston, mais auparavant, je dois prendre mon avion pour Paris dimanche et mon train pour Saint-Malo lundi, où je resterai cinq jours. Puis il y aura Tokyo pendant une dizaine de jours en novembre, qui sera probablement précédée de Seattle un week-end. La province de  Québec et celle voisine de la mienne me reverront en décembre. Janvier ? Bien, janvier, et février, et mars, et avril, c’est ce qu’il est de mise d’appeler « la saison occupée », donc, pas de voyages. Mais peut‑être aurai‑je alors accumulé assez de matériel pour bien garnir mon blogue jusqu’en mai…

 

09.10.2007

Abstinence

Il y a une semaine, j’ai mis fin à quinze années d’abstinence. J’ai presque cinquante ans et mes enfants sont grands. Je me suis donc dit qu’il était peut‑être temps. D’autant plus que ma séparation remonte maintenant à un an ou presque. Lorsque j’étais marié, je dois avouer que l’abstinence en question avait d’abord été imposée par ma femme, puis, tout doucement, je m’y étais habitué, comme on s’habitue au reste j’imagine. À un point tel d’ailleurs que, comme qui dirait, j’ai poursuivi la tradition et j’ai continué de m’abstenir.

Évidemment, si j’avais eu une autre personne dans ma vie depuis, il est probable que mon abstinence aurait pris fin avant, quoique. De plus en plus nombreuses sont les personnes, des deux sexes, qui prennent la décision raisonnée qu’il vaut mieux s’en passer. Mais la semaine dernière, j’ai cessé de résister à la tentation. Quinze ans, c’est tout de même un bail. Je pense que j’ai fait ma part. Vous le croirez si vous le voulez, mais c’est dans une grande surface que je me suis laissé avoir au piège de cet amour sans commune mesure.

Après quinze ans, il est certain que je ne savais plus trop comment m’y prendre, mais elle m’a tout expliqué, et je lui en suis reconnaissant, même si cela n’a pas fonctionné comme prévu. La mécanique n’est plus du tout la même. Dans l’ancien temps, si je ne m’abuse, il suffisait d’insérer la fiche mâle dans la prise femelle et le tour était joué pour ainsi dire. Il était possible d’inclure quelques caresses, surtout au niveau des pitons, pour parler plutôt crûment, mais à ma souvenance les oreilles étaient elles aussi particulièrement sensibles.

Après plusieurs tentatives infructueuses, j’ai réalisé que c’était peine perdue et que j’étais rendu trop vieux. En fait, un proche qui était déjà passé par là m’a tout expliqué. Je ne me sens plus aussi pitoyable depuis. Les télévisions ne fonctionnent plus comme auparavant. D’abord, il leur faut un câble, une antenne parabolique ou un système de positionnement global pour s’ouvrir sur le monde. La double antenne télescopique qu’on tentait d’ajuster ou d’orienter comme il se devait, c’est chose du passé. Tout comme les coups de paume.

Cette dernière chose, je l’ai apprise à mes dépens, et s’il est vrai que l’éducation n’a pas de prix, je peux néanmoins affirmer que l’acquisition de cette toute petite connaissance m’a coûté plusieurs centaines de dollars. Quoi qu’il en soit, elle me donne quand même du plaisir, maintenant, ma télévision, étendue comme elle est dans sa jolie boîte, blottie entre deux beaux gros oreillers de polystyrène expansé. C’est sûr que ma télévision ne fonctionne pas, mais même éteinte, sa très haute définition n’en finit plus de m’allumer.

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